Mercredi 14 Décembre @ VIPress.net« L’année 2006 sera moins bonne que 2005 pour l’électronique, mais meilleure pour les composants »
A l’occasion des 16e rencontres du Gixel à Deauville qui portaient cette année sur les réseaux très haut débit filaires et sans fil et sur la télémédecine, Jean-Philippe Dauvin, Chief Economist chez STMicroelectronics s’est livré à une prévision optimiste pour l’année 2006 et à plus long terme sur la place de l’Europe dans l’électronique mondiale.
Si l’année 2005 a été excellente pour la production électronique mondiale avec une progression de 8%, à 1120 milliards de dollars, force est de constater qu’elle aura été médiocre pour les composants, assène l’oracle. La croissance du marché du semiconducteur, englué dans la première moitié de l’année par des problèmes de stocks, devrait être comprise entre 6,5% et 7% au niveau mondial en 2005 et être nulle en Europe. Pour l’ensemble des composants passifs, le marché mondial devrait progresser de 4,7% cette année, à 110 milliards de dollars (dont 72 milliards pour les composants d’interconnexion), a commenté Jean-Philippe Dauvin à l’appui de chiffres fournis par le cabinet Décision. En Europe, le marché des passifs devrait croître d’un modeste 1,5%, à 25 milliards de dollars.
Pour 2006, l’économiste prévoit un ralentissement de l’électronique mondiale (+5%, à 1175 milliards de dollars), en raison notamment d’une faiblesse dans l’industrie du PC dont le cycle de renouvellement touche à sa fin (mais sur ce secteur, l’Europe est hors-jeu). De plus, les radiotéléphones 3G ne devraient être produits en grands volumes qu’en milieu d’année, l’électronique automobile sera pénalisée par le ralentissement de l’économie mondiale et l’industriel ne devrait reprendre qu’en fin d’année après trois ans de sous-investissement.
Pour autant, le 3e trimestre a été bon dans le semiconducteur et le 4e trimestre s’annonce également fort. Aussi, les surstocks et les surcapacités de production appartenant au passé, le marché du semiconducteur devrait-il progresser d’au moins 8% en 2006, avance M. Dauvin qui s’empresse de rajouter que cette prévision est très prudente. Le devoir de réserve l’empêche vraisemblablement d’annoncer dès à présent une croissance à deux chiffres.
Pour les passifs, le scénario est moins rose avec une croissance de 3,6% prévue pour les ventes mondiales et de seulement 2,3% en Europe.
Pour le moyen terme, Jean-Philippe Dauvin estime que les ressorts de la croissance de l’industrie électronique sont en train de changer de nature avec un rôle toujours prépondérant mais déclinant des deux blockbusters que sont le PC et le radiotéléphone au profit d’une multitude d’applications moins importantes en volume mais avec des forts taux de croissance. De plus, l’émergence de besoins sociétaux dans la médecine ou les économies d’énergie replacent l’Europe au centre du jeu.
Enfin, si l’Europe ne représente que 17% de la consommation mondiale de semiconducteurs, Jean-Philippe Dauvin a calculé qu’en terme de conception (Design available market), le Vieux Continent fait jeu égal avec l’Asie-Pacifique (Chine comprise) avec 20% chacun, derrière le Japon (25%)et les Etats-Unis (35%). 40% de l’électronique automobile mondiale, par exemple, est conçue en Europe, affirme le dirigeant de ST, qui pointe également les forces de l’Europe dans le sans fil et l’industriel. Une étude interne à ST calculant la compétitivité de la R&D des pays (rémunération des chercheurs comprise) montre que la France fait jeu égal avec les Etats-Unis, la Corée, et Singapour (une note de 16/20), derrière Taïwan (17/20), mais devant le Japon (15), l’Inde (14) et la Chine (13).
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